Les installations électriques du métropolitain

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Sommaire :

1. Le matériel des sous-stations
2. La distribution électrique des installations
3. Les appareillages électriques de la C.M.P
4. Le chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris

1. Le matériel des sous-stations

1.1. Les commutatrices

Les commutatrices sont des machines tournantes qui transforment le courant alternatif en courant continu. Elles ont un meilleur rendement que les groupes convertisseurs tournants moteur/génératrices. Néanmoins, elles sont moins souples d’emploi car la tension de sortie en courant continu est liée à celle du courant alternatif. En fonction des courants appelés en ligne, la puissance est obtenue en faisant fonctionner plusieurs commutatrices sur les barres positives et négatives de la sous-station.

Le métropolitain a eu 3 modèles de commutatrices : les 750 kW du début, remplacées progressivement par des 1 500 kW et 3 000 kW. Le démarrage des commutatrices était réalisé en continu en faisant fonctionner les machines en moteur shunt, la source à courant continu étant constituée des batteries avec l’appoint de survolteur/dévolteur.

La dernière commutatrice est retirée du service en 1970. Une démarche patrimoniale à permit la sauvegarde d’une commutatrice de 1 500 kW de la sous station Barbès, et d’un redresseur au mercure provenant celle de Daumesnil. Il y avait également des équipements spécifiques aux sous-stations comme un transformateur, disjoncteur, survolteur, tableau de commande, etc… Ce matériel est mis en valeur dans l’ancienne sous-station Daumesnil.

 

1.2. Les redresseurs au mercure

Le principe de ce type de redresseur (ou convertisseur statique) est basé sur l’effet de soupape que possède un arc électrique établi entre deux électrodes soumises à une tension alternative, placées dans une enceinte où règne un vide élevé. Pour réaliser le passage du courant pendant les alternances positives, le mercure (cathode) doit présenter une tache incandescente, centre d’émission d’électrons qui engendrent par collision avec les molécules de vapeur de mercure des ions positifs et des ions négatifs. Les ions positifs neutralisent en partie les charges spatiales négatives provoquées par l’émission des électrons. Les ions positifs sont attirés par la cathode où ils entretiennent par leur bombardement énergique une température assez élevée pour que les électrons puissent être émis de manière continue. Les ions négatifs sont attirés par l’électrode d’entrée du courant (anode). L’arc ne s’établit donc que lorsque la cathode est négative par rapport à l’anode. La mercure a été choisi comme matière cathodique car il est liquide à la température ordinaire, et qu’il se condense sans se solidifier quand il arrive au contact des parois refroidies du redresseur. Il fournit également l’atmosphère gazeuse nécessaire à l’établissement de l’arc.

1.3. Les batteries

Les batteries d’accumulateurs sont réalisées par deux fournisseurs : TUDOR pour la majorité des sous stations, et T.E.M. (Duhesme et Necker). Elles reposent sur trois rangées de poutres en bois séparées par des isolateurs. Les bacs sont en matière inattaquable aux acides (bois imprégné avec un revêtement intérieur en plomb). Les plaques positives, intercalées entre les plaques négatives sont en plomb. Les batteries avaient essentiellement un rôle de secours pour l’alimentation des circuits d’éclairage (l’éclairage protégé) et au démarrage des commutatrices.  La charge des batteries est assurée par le groupe survolteur /dévolteur. Cette machine va autoriser la recharge après la démarrage des commutatrices ou lors des essais de capacité pour connaître l’état des batteries. Les sous-stations qui n’ont pas de batteries ont leur services généraux alimentés par l’éclairage normal (ou protégé) de la ligne qu’elles desservent.

Batterie "TUDOR" à Laborde.
Batterie « TUDOR » à Laborde.
Necker, Document TEM.
Necker, Document TEM.

2. La distribution électrique des installations

L’énergie électrique est distribuée sur le réseau uniquement sous forme de courant continu à la tension de 600 volts. Les seules exceptions concernent la signalisation et des essais d’éclairage en station en courant alternatif. La première étude sur un changement tension à 750 V commencera en 1946 et sera appliqué en mars 1969 avec la suppression de la dernière sous-station Barbès.

Les trois alimentations (ou « feeder ») possibles en tunnel étaient le rail traction, l’éclairage normal et l’éclairage protégé. Le feeder traction est constitué pour le positif par des deux files de barres de courant des deux voies (3ème rail), d’alimentation séparée. Le négatif est assuré par les deux voies de roulement elles-mêmes mises en parallèle en particulier dans chaque station. La continuité de la barre de courant est affectée par des sectionnements au droit de chaque sous-station, ainsi que par les postes de redressement apparus  après la seconde guerre mondiale. Chaque voie de chaque section est ainsi alimentée à la fois individuellement et par deux sous-stations. cette disposition jointe à l’implantation convenable de communications de voie et d’interrupteurs « traction » normalement fermés permet l’établissement de services provisoires, et limite les répercussions sur la ligne d’un incident survenant en un point quelconque. Au contraire, la continuité électrique de la voie de roulement, feeder traction négatif, est assurée par un éclissage approprié avec les connexions inductives de signalisation.


La coupure de la traction sur un coupon était assurée par des interrupteurs de voie à couteaux disposés dans des coffrets. Ces dispositifs existent encore aujourd’hui. (RATP)

2.1. Le rail de traction

L’évolution du réseau dans ses débuts amènera à différentes variantes du rail traction et de ses isolateurs. C’est le modèle « carré » qui deviendra le modèle standardisé. Ce modèle sera mis en service avant 1910 et reste encore aujourd’hui bien présent. Commençons par le modèle standard qui existe dans plusieurs versions. Ce modèle d’isolateur est fait pour supporter le rail T52 (en forme de « T » à 52 kg/m) apparu, également avant 1910, et qui deviendra également le standard pour l’ensemble du réseau. L’isolateur est au départ en grès blanc puis en basalte noir mat (certains modèle noirs brillant semble être en verre). Le calage est assuré par les cales appropriées en hêtre ou en acier coulé.

Voie Murat, montage d'époque d'un rail traction avec son isolateur en basalte et le calage en bois. (Auteur)
Voie Murat, montage d’époque d’un rail traction avec son isolateur en basalte et le calage en bois. (Auteur)
Il existe une variante "lourde" pour des portions à forte intensité. Rail de traction T75 et isolateur renforcé.
Il existe une variante « lourde » pour des portions à forte intensité. Rail de traction T75 et isolateur renforcé.
L'ancien terminus de la Porte de Saint-Ouen avec l'ancienne fosse de visite, monté avec du rail DC de la compagnie du Nord-Sud. Le rail traction est du T75. (Auteur)
L’ancien terminus de la Porte de Saint-Ouen avec l’ancienne fosse de visite, monté avec du rail DC de la compagnie du Nord-Sud. Le rail traction est du T75. (Auteur)

Les premières lignes seront équipés pour le rail traction de rail DC (Double Champignon), ou deux rails DC parallèles (ligne 1). Les ligne 2 et 3 seront montées avec du rail Vignole mais dans un acier plus doux que celui de roulement et soudés par aluminothermie. Certaines voies sont encore équipées de rail Vignole V52 sur la ligne 2. Le montage est réalisé par un support en acier coulé. Les premiers isolateurs en grès blanc seront de forme ronde pour recevoir le T52. Les lignes 4, 5, 6 et 7 seront directement équipées avec du T52.

 Bastille ligne 1 en 1933, le rail traction est toujours en DC. On peut également voir le beau falot à pétrole de la motrice. (Coll. Mérard)
Bastille ligne 1 en 1933, le rail traction est toujours en DC. On peut également voir le beau falot à pétrole de la motrice. (Coll. Mérard)
Ligne 2Nord avec rail traction Vignole. (RATP/Ville de Paris)
Ligne 2Nord avec rail traction Vignole. (RATP/Ville de Paris)
Ligne 2Nord avec rail traction Vignole. (RATP/Ville de Paris)
Ligne 2Nord avec rail traction Vignole. (RATP/Ville de Paris)
Station Bel-Air Ligne 6, ce cliché d'avant la première guerre montre l'application du rail T52 sur les isolateurs carrés.
Station Bel-Air Ligne 6, ce cliché d’avant la première guerre montre l’application du rail T52 sur les isolateurs carrés.
Ligne 2Sud vers Place d'Italie, soudure par aluminothermie sur le rail traction T52. (Ville de Paris)
Ligne 2Sud vers Place d’Italie, soudure par aluminothermie sur le rail traction T52. (Ville de Paris)

L'ouvrage et station d'Opéra ligne 3, avec le rail traction en Vignole. (RATP)
L’ouvrage et station d’Opéra ligne 3, avec le rail traction en Vignole. (RATP)
Rail de traction Vignole. L’âme du rail est découpée pour la réalisation de la pente. (Auteur)
Rail de traction Vignole. L’âme du rail est découpée pour la réalisation de la pente. (Auteur)
Coupe du support du Vignole. (Auteur)
Coupe du support du Vignole. (Auteur)
Isolateur est grès cérame de forme ronde. Les survivants sont rares. (Auteur)
Isolateur est grès cérame de forme ronde. Les survivants sont rares. (Auteur)

Les premiers isolateurs du métropolitain toutes formes confondues seront en grès cérame de couleur blanchâtre produit par l’usine d’Émile Muller et Compagnie à Ivry.

Planches de 1908 montrant différentes variantes de montage. La figure 13 est l'un des supports pour le rail Vignole. La figure 14 montre un étonnant rail de traction arrondi, probablement en essai.
Planches de 1908 montrant différentes variantes de montage. La figure 13 est l’un des supports pour le rail Vignole. La figure 14 montre un étonnant rail de traction arrondi, probablement en essai.

L'ancien raccordement des lignes 1 et 2 à Étoile possède les plus anciens rails encore en place datés de 1900 ! On peut également observer le montage d'époque de l'éclissage avec les raccordements en cuivre pour le retour du courant. (Auteur)
L’ancien raccordement des lignes 1 et 2 à Étoile possède les plus anciens rails encore en place datés de 1900 ! On peut également observer le montage d’époque de l’éclissage avec les raccordements en cuivre pour le retour du courant. (Auteur)

 

Montage de l'alimentation d'une installation fixe par rail de traction. Ce type de montage a totalement disparu.
Montage de l’alimentation d’une installation fixe par rail de traction. Ce type de montage a totalement disparu.

2.2. L’éclairage

Suite à l’accident de Couronnes en 1903, l’éclairage du métropolitain comprend deux réseaux absolument distincts : l’éclairage « normal » (EN) et l’éclairage « protégé » (EP).

L’alimentation de l’éclairage normal est fournie en 600 V par les batteries et les machines en parallèle durant le service, et seulement les batteries pendant l’arrêt. L’éclairage normal est alimenté par des feeders positif et négatif composé de câbles en cuivre nus montés sur des isolateurs. Ils sont généralement situés à la voûte du tunnel, et parfois sur les piédroits à la naissance de la voûte. Sur les lignes portions aériennes, ils sont montés sur des poteaux dans l’axe des voies. Les feeders EN alimentent : les lampes des quais et des tunnels voie 2, les indicateurs « correspondance » V2, la moitié du nombre des lampes des accès, les motifs et diffuseurs extérieurs, les appareils divers.

L’alimentation de l’éclairage protégé est fournie en 600 V par les batteries durant le service et coupé pendant l’arrêt. L’EP est alimenté par des feeders positif et négatif composé par des câbles armé sous plomb le long du piédroit en caniveaux le long des voies. Les feeders EP alimente: Les lampes des quais et des tunnels voie 1, les indicateurs « correspondance » V1, la seconde moitié du nombre des lampes des accès, les indicateurs lumineux, les cintres des stations, les indicateurs sortie.

De nombreuses plaques sur support bois indiquaient la nature des câbles dans les caniveaux et leur localisation. (Auteur)
De nombreuses plaques sur support bois indiquaient la nature des câbles dans les caniveaux et leur localisation. (Auteur)

2.3. Les feeder à la voûte, le trolley

Scellé principalement à la clef de voûte sur les portions à deux voies, le feeder d’éclairage normal possède d’autres applications. Il permet pour un conducteur d’un train privé de courant traction d’en assurer l’éclairage et exceptionnellement la traction de secours grâce à une perche dans les loges de conduite du matériel Sprague. Les suspensions à la voûte pour l’éclairage normal sont de nombreux modèles, les plus anciens que l’on rencontre encore aujourd’hui en nombre sur certaines lignes à été monté en trolley utilisable pour la traction de secours.

La boucle de Villiers n'était pas qu'une hérésie patrimoniale, elle permet également d'apercevoir les supports "standards" des lignes feeders d'EN. Pour éviter la confusion entre le positif et le négatif les lignes sont décalées, le positif étant en bas.
La boucle de Villiers n’était pas qu’une hérésie patrimoniale, elle permet également d’apercevoir les supports « standards » des lignes feeders d’EN. Pour éviter la confusion entre le positif et le négatif les lignes sont décalées, le positif étant en bas.
Porte de Montreuil en 1982. En fonction des hauteurs de voûte, les supports sont adaptés avec parfois de drôle de forme. (Laforgerie)
Porte de Montreuil en 1982. En fonction des hauteurs de voûte, les supports sont adaptés avec parfois de drôle de forme. (Laforgerie)
Modèle que l'on rencontre sur la ligne 3 avec son câble trolley. (Auteur)
Modèle que l’on rencontre sur la ligne 3 avec son câble trolley. (Auteur)

Ce modèle "ancien" mis en place vers 1910 possède une importante cloche pour limiter la propagation des arcs électriques. L'isolant est un grès rougeâtre fabriqué par Unis France. Le support du négatif était fixé sur le dessus.
Ce modèle « ancien » mis en place vers 1910 possède une importante cloche pour limiter la propagation des arcs électriques. L’isolant est un grès rougeâtre fabriqué par Unis France. Le support du négatif était fixé sur le dessus.
Mirabeau en 1979, cette vue permet de bien observer le montage du feeder de l’éclairage normal avec le négatif sur la partie supérieure. Le modèle restauré ci-dessus provient justement de cette station. (Harald Jahn)
Mirabeau en 1979, cette vue permet de bien observer le montage du feeder de l’éclairage normal avec le négatif sur la partie supérieure. Le modèle restauré ci-dessus provient justement de cette station. (Harald Jahn)
En fonction des volumes de certaines stations, les montages peuvent varier, comme à Cité avec des câbles tendeurs. 1962 (Meyères)
En fonction des volumes de certaines stations, les montages peuvent varier, comme à Cité avec des câbles tendeurs. 1962 (Meyères)

Sur les lignes aériennes, le montage est effectué par des câbles tendeurs montés sur des poteaux. En fonction de la ligne, les feeders EN peuvent passer le long du viaduc (comme sur la photo couleur à Nationale), ou en caniveaux le long de la voie, ou sous le viaduc. (Meyeres)

Les feeders EN peuvent passer le long du viaduc, comme ici à Nationale. (Meyeres)
Les feeders EN peuvent passer le long du viaduc, comme ici à Nationale. (Meyeres)
(Meyeres)

3. Les appareillages électriques de la C.M.P

3.1. L’éclairage

Les premiers éclairages de station sont simplement composés de douilles en porcelaine pendantes et lampes à nu.

Éclairage primitif. Saint Lazare (RATP)
Éclairage primitif. Saint Lazare (RATP)

Dans les années 1930, un programme d’amélioration de l’éclairage continu aboutit à de nouveaux diffuseurs de différentes formes en verre prismatique, en globe opalin ou Albalite. Cet éclairage semi-direct apportait une luminosité légèrement supérieure par rapport aux lampes à nu avec 3 lampes de 200 V en série.

Douilles en porcelaine équipées de diffuseurs en opaline dans cette station refuge. (RATP)
Douilles en porcelaine équipées de diffuseurs en opaline dans cette station refuge. (RATP)

Montage sur rail métallique pour les stations à faible hauteur de plafond. Station Montmartre ligne 9. (RATP)
Montage sur rail métallique pour les stations à faible hauteur de plafond. Station Montmartre ligne 9. (RATP)

Les couloirs sont composés essentiellement de douilles en porcelaine montées directement à la voûte, généralement équipées d’abat-jours en cloche. Dans les volumes plus vastes comme les salles des billets, on retrouve des douilles en porcelaine avec lampes à nu en suspension ou des modèles plus modernes de la fin des années 1930 avec des suspensions en aluminium et des abat-jours de différentes formes afin d’accroître la luminosité.

(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(RATP)
(Coll. RATP)
Prolongement de la ligne 1 en 1936 à Pont de Neuilly avec de l'éclairage "moderne". (RATP)
Prolongement de la ligne 1 en 1936 à Pont de Neuilly avec de l’éclairage « moderne ». (RATP)
Le Nord-Sud équipera ses stations avec du matériel identique à celui de la CMP. (RATP)
Le Nord-Sud équipera ses stations avec du matériel identique à celui de la CMP. (RATP)

La partie souterraine du canal Saint-Martin sera équipé par la compagnie avec l’éclairage spécifique de la Bastille à République. Plusieurs plaques déterminent l’emplacement des lignes 3, 8, 9 et 11 traversant le canal et l’emplacement des postes d’épuisement.

Partie souterraine du canal Saint-Martin. (Auteur)
Partie souterraine du canal Saint-Martin. (Auteur)
Plaque signalant le franchissement souterrain de la ligne 3. (Auteur)
Plaque signalant le franchissement souterrain de la ligne 3. (Auteur)
Partie souterraine du canal Saint-Martin équipée par la CMP. (Auteur)
Partie souterraine du canal Saint-Martin équipée par la CMP. (Auteur)

3.2. L’éclairage alternatif

Dans les années 1930, sur certaines lignes, des éclairages en 220 V alternatif ont été installés. La transformation était réalisée en partie dans les sous-stations par un transformateur 10 000 V /3 000 V. Ce 3 000 V était ensuite envoyé dans les stations pour être transformé par des petits postes en 3 000 V /220 V.

Les premiers tubes fluorescents en courant alternatif apparaissent en 1938.

(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)
(Coll. RATP)

La lumière étant trop violente et froide, la généralisation des tubes fluorescents n’interviendra que bien après la guerre, après l’évolution de cette technologie.

Gare de Lyon et ses dernières rames Sprague au début des années 1960. L'éclairage est désormais muni de tubes fluorescents.
Gare de Lyon et ses dernières rames Sprague au début des années 1960. L’éclairage est désormais muni de tubes fluorescents.

À l’occasion de l’exposition universelle de 1937, un lot de 25 stations reçu un équipement un éclairage en 125 V alternatif. L’éclairage était nettement meilleur que celui en courant continu.

(Coll. RATP)
(Coll. RATP)

3.3. Les lampes et douilles

Les ampoules à culot spécial « métro » de 26 mm de diamètre (22 mm en usage courant). Cette dimension particulière à l’origine du métropolitain a été appliquée pour éviter les vols. Elle existent sous différentes formes et modèles en fonction des applications dans les infrastructures et le matériel roulant. Elles étaient systématiquement montées en séries sous le 600 V. Des B26 était encore utilisée en 2016 sur les bouquets des trains et dans une galeries de câbles.

Exemple de montage des ampoules en série.
Exemple de montage des ampoules en série.

Les douilles électriques en porcelaine de différentes formes et d’encombrements qu’on retrouvaient dans l’intégralité de l’éclairage des infrastructures (même de surface) : tunnels, couloirs, stations, sous stations, panneaux, mâts, ateliers, etc… Les plus anciennes portent l’identification de la compagnie. Les abat-jours étaient en verre ou en tôle peinte.

3.4. Montage de l’éclairage sur les différents supports
Exemple de montage sur un plan indicateur en 1937.
Exemple de montage sur un plan indicateur en 1937.

Montage dans un Holophane en bronze. Ce modèle de luminaire était en place aux entrées des stations et dans certains couloirs comme sur les Grands Boulevard, stations Saint-Martin et Montmartre. (RATP)
Montage dans un Holophane en bronze. Ce modèle de luminaire était en place aux entrées des stations et dans certains couloirs comme sur les Grands Boulevard, stations Saint-Martin et Montmartre. (RATP)

 

Le "cintre" : ce dispositif lumineux permettait un éclairage à l'entrée et à la sortie de la station par une série de lampes sur la largeur de la voûte, alimenté sur l'EP. (Auteur)
Le « cintre » : ce dispositif lumineux permettait un éclairage à l’entrée et à la sortie de la station par une série de lampes sur la largeur de la voûte, alimenté sur l’EP. (Auteur)
Cliché à Louis Blanc en 1967. Cette station dans son jus permet de bien observer les "cintres" ainsi que le "trolley". (Meyeres)
Cliché à Louis Blanc en 1967. Cette station dans son jus permet de bien observer les « cintres » ainsi que le « trolley ». (Meyeres)

3.5. Les interrupteurs

Les interrupteurs type « métro » sont capables de résister au 600 V continu.

Le premier modèle début 1900 (à droite) dispose d'une enveloppe en carton et d'un simple verre pour visualiser sa position. (Auteur)
Le premier modèle début 1900 (à droite) dispose d’une enveloppe en carton et d’un simple verre pour visualiser sa position. (Auteur)

3.6. Les isolateurs et cheminements des câbles
Les différents modèles d'isolateurs et de support de câbles. (Auteur)
Les différents modèles d’isolateurs et de support de câbles. (Auteur)
Vieux stock retrouvé sous un quai. (Auteur)
Vieux stock retrouvé sous un quai. (Auteur)

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3.7. Les fusibles

Quelques modèles des fusibles spécifiques au métropolitain qui étaient omniprésents sur les installations :

3.8. Puisards et installations fixes

La chambre des pompes d'un puisard. Ils sont normalement alimentés par l’Éclairage Normal. (RATP)
La chambre des pompes d’un puisard. Ils sont normalement alimentés par l’Éclairage Normal. (RATP)

Les installations en tunnel étaient équipées de coffrets en bois permettant de basculer et d’assurer une protection lors du changement d’alimentation (l’alimentation pouvait se faire via le rail de traction, ou par l’EN, ou par l’EP).
Ces installations pouvaient être du matériel fixe électrique comme les puisards, ventilateurs, chambres de filtrage, ascenseurs, etc…

Les anciens coffrets électriques du puisards de Duroc. (Auteur)
Les anciens coffrets électriques du puisards de Duroc. (Auteur)

Dans les années 1930, les premiers ventilateurs en ligne font leur apparition. Leurs coffrets en bois sont alimentés par le feeder EN à la voute.

(Coll. RATP)
(Coll. RATP)

3.9. Les signaux

TIV (Tableau Indicateur de Vitesse) typique du Métropolitain. Construction du cadre en fer blanc et opaline pour l’occultation de l’ampoule :

Ces fabrications de l’entre-deux guerres sont toujours en service sur certaines lignes.

3.10. Les cabines Haute Tension

Les cabines Haute Tension permettaient de distribuer et de répartir vers les sous-stations du métropolitain les différentes arrivées Haute Tension venant des usines centrales. Elles sont situées dans les sous-stations, sous la voie publique ou dans les stations. Les usines centrales étaient celles de la compagnie Électricité de la Seine (usines de Saint-Denis et d’Ivry) et de l’UDE (Union De l’Électricité, usines de Vitry et d’Arcueil).

Les anciennes chambres des sectionneurs épurées de tous les équipements haute tension. (Auteur)
Les anciennes chambres des sectionneurs épurées de tous les équipements haute tension. (Auteur)
Vestiges d'éclairage en 600 V et des interrupteurs pour la commande du chauffage des cellules. (Auteur)
Vestiges d’éclairage en 600 V et des interrupteurs pour la commande du chauffage des cellules. (Auteur)
Vestiges d'éclairage en 600 V et des interrupteurs pour la commande du chauffage des cellules. (Auteur)
Vestiges d’éclairage en 600 V et des interrupteurs pour la commande du chauffage des cellules. (Auteur)
L'arrivée des câbles 10 000 V depuis l’usine de Saint Denis. (Auteur)
L’arrivée des câbles 10 000 V depuis l’usine de Saint Denis. (Auteur)
Le départ des câbles 10 000 V vers la sous-station Barbès. (Auteur)
Le départ des câbles 10 000 V vers la sous-station Barbès. (Auteur)

Cette cabine dispose de plusieurs niveaux et d’un accès sur la voirie via une colonne Morris :

4. Le chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris

La distribution du courant de traction du Nord-Sud est également en 600 V continu arrivant des sous-stations Necker et Tivoli. Puis les lignes A et B seront renforcée par celle de Duhesme.

Les voitures sont alimentées au moyen de deux conducteurs :

  • l’un par un fil aérien monté dans l’axe de la voie en + 600 V qui est composé d’un fil de cuivre de 150 mm² ;
  • l’autre par un rail de contact similaire au Métropolitain avec une tension de – 600 V réalisé en acier doux en forme de T de 29 kg au mètre, supporté par des isolateurs en grès vernissé fixés toutes les quatre traverses.

Chaque train comportant deux voitures motrices, l’une des voitures prend son courant sur la ligne aérienne et l’autre sur le rail latéral, de telle sorte que l’intensité du courant ramené aux sous stations par le rail de roulement est pratiquement nulle. Les danger de l’électrolyse sont ainsi écartés.

Station Rue du Bac en cours d'achèvement lors des travaux de construction. Le cliché permet de visualiser les supports de la ligne aérienne. (RATP)
Station Rue du Bac en cours d’achèvement lors des travaux de construction. Le cliché permet de visualiser les supports de la ligne aérienne. (RATP)
Cliché Roger Violet dans la traversée sous-fluviale dans le tube Berlier. Il permet d'observer les rails de roulement DC (à Double Champignon) ainsi que les isolateurs en grès spécifique du Nord-Sud. L'agent marche sur le caniveau de l'éclairage protégé. Le feeder d'éclairage passe juste au-dessus de sa tête.
Cliché Roger Violet dans la traversée sous-fluviale dans le tube Berlier. Il permet d’observer les rails de roulement DC (à Double Champignon) ainsi que les isolateurs en grès spécifique du Nord-Sud. L’agent marche sur le caniveau de l’éclairage protégé. Le feeder d’éclairage passe juste au-dessus de sa tête.

Le petit matériel électrique est très similaire à celui de la CMP. Néanmoins, le NS a imposé sa différence avec des douilles et ampoules B26 à 3 plots. Les objets sont également marqués de la compagnie :

Ce modèle grillagé était monté dans des zones potentiellement dangereuses pour le public.
Ce modèle grillagé était monté dans des zones potentiellement dangereuses pour le public.
Comme au CMP, les appareils de voies disposaient d'un éclairage à la voûte. Cet ancien interrupteur était dans le raccord  12/13 de Montparnasse. (Auteur)
Comme au CMP, les appareils de voies disposaient d’un éclairage à la voûte. Cet ancien interrupteur était dans le raccord  12/13 de Montparnasse. (Auteur)

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