L’alimentation électrique du Métropolitain

L’usine génératrice de Bercy

L’usine de Bercy conçue par l’architecte Paul Friesé était située entre le quai de la Rapée et la rue de Bercy, accolée au bâtiment d’administration de la compagnie sur le bord de Seine. La construction fut commencée en 1898, sur une première parcelle de terrain de 7288 m². Les bâtiments furent achevés en Octobre 1899, mais par la suite de retards dans la construction et le montage des machines, les deux premiers groupes électrogène ne purent être mis en service qu’en Mai 1901 et Juillet 1901 pour les deux autres. Cette usine occupait une bande de terrain de 185 mètres de profondeur sur 58 mètres de largeur. Les réserves de charbon étaient situées sur un terrain voisin d’une centaine de mètres en bordure des deux rues. L’usine se composait d’un grand hall vitré en fer et briques de 145 mètres de longueur sur 58 mètres de largeur, dans lequel se trouvaient la salle des machines, deux chaufferies et les soutes a charbon.

La façade de l’usine côté rue de Bercy, pendant l’inondation de 1910. L’architecture était très proche de la sous-station Bastille également signée Paul Frisé. (CPA)

Cliché côté rue de Bercy laissant entrevoir les imposantes cheminées.

La chaufferie N°1 installée dans sa globalité en 1902 se composait de cinq groupes de six chaudières réalisées par les établissements Schneider au Creusot. Les produits de la combustion étaient évacués par trois cheminées, dont les deux premières installées faisaient 45 mètres de hauteur. La troisième, plus grande, culmina à 55 mètres. La chaufferie N°2 installée en 1903 par la société Alsacienne de Construction mécanique contenait vingt-quatre chaudières divisées en trois groupes. Chaque groupe de chaudières évacuait ses fumées dans une cheminée de 55 mètres. L’alimentation en eau était assurée depuis la Seine par une galerie et des pompes.

Cliché de la chaufferie N°1 et des soutes à charbon. (Génie Civil)

Vues de la chaufferie N°1 avec l’embase d’une cheminée. (CPA)

Les réservoirs d’eau de la chaufferie N°1. (CPA)

L’approvisionnement du charbon dont les quantités étaient très importantes se faisait entièrement mécaniquement. Il arrivait par bateaux par la Seine, était pris par deux grues électriques Postel Vinay avec bennes automatiques de 800 kg de contenance, système Bleichert. Les grues étaient sur le quai en face de l’usine et déchargeaient le charbon sur deux transbordeurs Burton à palette de 95 mètres de longueur. Les deux transbordeurs traversaient le quai en souterrain aboutissant dans le sous sol de deux tours situées aux deux angles de la cour de l’usine où se situaient les soutes à charbon. Dans chaque tour le combustible arrivant par les transbordeurs souterrains était monté à 24m50 de hauteur par un transbordeur à benne verticale. Le charbon se déversait à la hauteur du deuxième étage dans une trémie avec un basculeur automatique qui entrait en action lorsque le chargement atteignait 1 tonne. Une fois la charge atteinte le combustible se déchargeait dans un transbordeur horizontal de 170 mètres de longueur courant au-dessus des soutes avec un déchargement automatique composé d’augets qui répartissaient le charbon dans la rangée de trente trois soutes. Ces deux transbordeurs pouvaient transporter 250 tonnes de charbon en dix heures. Les soixante-dix soutes des deux chaufferies avaient ensemble une contenance totale de 4620 tonnes, ainsi qu’une réserve de 7000 tonnes adossée à la chaufferie en cas de difficultés dans l’approvisionnement et la livraison.

Quai de la Râpée, au premier plan le quai de déchargement de l’usine avec l’une des grues électrique. Au second plan le bâtiment administratif de la compagnie. (CPA)

Le bâtiment administratif dans une configuration réduite au début 1900. (RATP)

 

Les cendres et le mâchefer qui tombaient des foyers des deux chaufferies étaient reçus dans des wagonnets circulant dans deux galeries. Les wagonnets étaient poussés à bras d’homme. Le contenu des wagonnets était versé dans deux élévateurs qui amenaient les cendres au niveau du sol pour une évacuation en tombereaux. Les cendres pouvaient également être évacuées par la Seine sur le quai en face de l’usine par une série de transbordeurs, puis chargées par une grue dans les bateaux.

La salle des machines était constituée d’un grand hall de 15m60 de hauteur avec un sous-sol de 4m de hauteur. Elle était formée de deux parties de type et de date différents. La première installée au début, en même temps que la chaufferie N°1 qui la desservait comprenait une dynamo Schneider de 1500 KW fournissant du 600 Volts et trois groupes électrogènes de 1500 KW constitués chacun par une dynamo Schneider actionnée par un moteur à vapeur vertical compound à condensation, de 2600 chevaux produit également par Schneider au Creusot. Chaque machine se composait de deux cylindres à vapeur. Ces machines à vapeur s’élevaient à 8m50 du plancher et comportaient deux étages de passerelles. Les machines électriques étaient accouplées avec un volant de 63 tonnes et de 7m50 de diamètre, placé entre les deux manivelles motrices et tournant comme la machine à vapeur à 70 tours par minutes. Les alternateurs de 1500 kw pouvaient fournir une tension de 5000 Volts triphasé à 25 Hz et d’une intensité de 175 à 220 Ampères.

Plan de coupe de l’usine montrant les imposantes fondations des machines à vapeur (un massif de 12 m de profondeur) et de l’imposant volant de 63 tonnes. Il y a également les galeries d’eau, d’évacuation des fumées et des câbles. (J.Hervieu)

 

Clichés d’une des quatre machines à vapeur verticale Schneider à deux cylindres, on aperçoit également la carcasse et le bobinage du groupe électrogène. (RATP et génie civil)

 

L’inondation de 1910 occasionnera un arrêt complet et une longue remise en état de l’ensemble. Ces clichés permettent néanmoins d’apprécier la taille des machines avec l’alignement des huit cylindres et l’impressionnant volume du hall.

En 1903 seront installés quatre groupes électrogènes fournissant également des courants triphasés à 5000 volts et 25 Hz. Chaque groupe se compose d’un moteur de 3200 chevaux de la société Alsacienne accouplé à un alternateur Thomson Houston. Avec la chaufferie N°2, une machine à vapeur verticale Corliss compound de 4200 chevaux pour 79 tours par minutes et entraînant entre ses deux manivelles un volant de 80 tonnes et 20 tonnes pour l’inducteur de l’alternateur.

Plan général de la salle des machines montrant la disposition dans la partie basse des 5 machines à vapeur avec les groupes électrogènes. Dans la partie haute les soutes à charbon, les deux chaufferies avec l’emplacement des cheminées. (J.Hervieu)

Vue des groupes électrogènes de la société Alsacienne installés en 1903. (CPA)

Au bout de la salle des machines, côté quai de la Rapée se trouvait la sous station Bercy installée en 1900 pour alimenter la ligne 1 puis la ligne 5. Elle se composait de 4 commutatrices hexapolaires qui tournaient à 250 t/min pour fournir une puissance de 750 KW. Ces machines comportaient un moteur à courant alternatif 430 V et une dynamo 630 V couplés sur le même arbre avec les machines auxiliaires d’excitation. Les commutatrices étaient desservies chacune par trois transformateurs de 250 KW du Creusot recevant les 5000 Volts produit par les alternateurs de l’usine et transformant le courant alternatif monophasé 430 V.

En premier plan les transformateurs Schneider. Au second plan la machine à vapeur vertical Corliss de la société Alsacienne.

La sous station comportait également une salle de batteries d’accumulateurs branchés en dérivation sur les barres du courant 600 Volts et servant de volant ou tampon d’énergie électrique destiné à satisfaire aux besoins exceptionnels et temporaires de la ligne sans que les commutatrices et les génératrices n’aient à la fournir. Ces machines restituaient ensuite l’énergie aux accumulateurs. La salle des batteries était située dans le sous-sol de l’usine et Bercy et occupait une superficie de 480 mètres carrés. Elle se composait de 280 éléments Tudor de 1500 Ampères heure au régime de décharge de 4 heures. Les batteries étaient rechargées par des groupes survolteurs délivrant une tension de charge de 700 Volts, supérieurs à la tension de décharge de 600 Volts. Deux groupes survolteurs Schneider étaient installés au milieu de la salle des machines.

Les groupes survolteurs en mauvaise posture. Ils se composaient d’un moteur électrique et d’une dynamo.

Les tableaux principaux de distribution électrique se dressaient au milieu de la salle des machines sur des passerelles. Ils se composaient de 32 panneaux en marbre blanc de 1 mètre de large.

Cliché d’une partie des tableaux de contrôle en marbre pris depuis une passerelle d’une machine à vapeur. (CPA)

Les évolutions et les progrès incessants de l’industrie auront raison de l’usine de Bercy qui s’arrêtera définitivement le 4 Décembre 1927. Cette usine deviendra rapidement obsolète, malgré de nombreux perfectionnements apportés tels que la gestion de la surchauffe, la mise en place de foyers automatiques, des alimentations automatiques etc… Le coût de fonctionnement, le passage du 25 périodes au 50 périodes et un voltage trop faible* seront les principales raisons de son arrêt.

* Les usines d’Ivry et de Saint Denis fournissaient alors déjà en 10250 Volts.

 

Les témoignages de L’usine de Bercy et de son alimentation en 5000 Volts sont peu courants, hormis dans certains ouvrages spécialisés. Les vestiges physiques sont quasiment inexistants. Il reste cependant quelques traces des galeries de câbles qui cheminaient de l’usine jusqu’à la ligne 1.

Dans le raccordement 1/5 subsistent deux galeries de câbles qui semblent avoir été sectionnées lors du creusement de la voie de raccordement. La première en jaune et la seconde en rouge sur le plan. Cette seconde galerie sera sans doute réutilisée en partie pour la voie des finances (la gare subsistante est dans l’encadrement vert). Une plaque 5000 Volts était encore en place à la sortie de ces deux galeries.

Clichés des restes des galeries de l’usine de Bercy avec des cheminements de câbles en caniveaux. (Auteur)

 L’un des débouchés en tunnel dans le raccord. (Auteur)

L’unique plaque émaillée retrouvée et évoquant l’usine de Bercy avec les inscriptions « Bercy » et « 5000 V ». Cette plaque identifiant les câbles à l’arrivée dans une sous station.

 

 

La transformation de 25 à 50 périodes par seconde

La circulaire du Ministère des Travaux Publics du 1er avril 1918 avait établi le principe de l’adoption en France d’une fréquence uniforme de 50 périodes. Cela permit une uniformisation des fréquences en usages ainsi que la prévision de l’interconnexion des centrales en France. Pour le Métropolitain, l’intégralité des installations était en 25 périodes. En janvier 1925 un accord préfectoral sur les projets élaborés et les progrès dans la construction des commutatrices permettent d’envisager la modification des équipements du métropolitain. Les travaux furent entrepris dès la même année sur le réseau et durèrent jusqu’en 1937, les sous-stations et la signalisation subissant progressivement les transformations. Certains bâtiments trop exigus pour une simple substitution des anciens groupes électrogènes par les nouveaux, il fut nécessaire d’édifier provisoirement diverses sous-station auxiliaires à Etoile, Italie, Auteuil, Nation, Necker et Porte de Versailles. Lors de ces modifications, la compagnie en profita pour renforcer la puissance de certains groupes dont les caractéristiques pouvaient s’avérer insuffisantes en regard des prévisions pour l’avenir.

 

 

Les premières sous-stations

Les premières sous-stations du métropolitain dédiées à la ligne 1 sont souterraines, il s’agit des ouvrages d’Étoile et Louvre. La réalisation d’ouvrages souterrains est rapidement abandonnée, car l’exploitation et la logistique sont plus complexes que pour un bâtiment de surface.

Étoile

La sous-station Étoile ouverte en 1901 est située au nord-est de la place de l’Étoile, fournit l’énergie motrice et la lumière nécessaires à l’exploitation de la partie ouest du réseau. La sous-station est entièrement souterraine, seul un édicule est perceptible en surface. Cet édicule signé par Guimard recouvre le puits de ventilation et les deux ascenseurs. 

Plan des ouvrages implantés sous la place de l’Étoile. La sous-station est située entre la ligne 1 et la ligne 2 nord.

Chantier de construction de la galerie d’aspiration d’air supérieure débouchant en haut des voutes. (RATP)

L’ouvrage se compose d’une salle des accumulateurs, d’une longueur de 22 mètres, composée de deux travées de 7 mètres de large. Un plancher établi au milieu de la salle permet l’implantation d’un second niveau pour accueillir l’ensemble des batteries d’accumulateurs qui fournissent 1800 Ampères heures.

La salle des accumulateurs sur deux niveaux. La galerie de ventilation des salles se trouve à la voute.

L’étage supérieur de la salle des accumulateurs « Tudor » en 1960. (RATP)

La galerie de communication entre les deux étages de batteries avec un monte charge. (RATP)

Les transformateurs et les commutatrices étaient établis dans une salle unique rectangulaire de 30 mètres de longueur. Les câbles d’alimentation en 5000 Volts provenant de l’usine de Bercy passaient directement dans le tunnel de la ligne 1 dans des caniveaux en béton dans le radier et débouchaient dans une galerie jusqu’à la salle des machines. Cette galerie permettait la communication entre les salles ainsi que la ventilation. Des galeries inférieures permettaient le logement des câbles qui fournissaient le courant continu au réseau. Une autre salle voûtée était dédié aux machineries des ascenseurs, ceux-ci fonctionnant à l’eau comprimée et permettant la manutention des machines et des batteries entre les salles et la surface. La salle des machines se composait de 4 commutatrices de 750 KW, 12 transformateurs de 250 KW, 2 survolteurs, d’un tableau de commande et de distribution et de deux ponts transbordeurs. Ces appareils étaient similaires à ceux de l’usine de Bercy.

La salle des machines en 1960 avec les petits carreaux au sol. Sur la partie gauche, un groupe de ventilation suivi des transformateurs et des cellules des disjoncteurs. Sur la droite, un groupe survolteur suivi des commutatrices et des panneaux de contrôle. (RATP)

La même pièce aujourd’hui avec des cellules et des transformateurs modernes (Auteur)

 

L’un des ponts transbordeurs d’origine, les translations étaient actionnées manuellement par des câbles. (Auteur)

 La chambre haute tension permettant la distribution d’énergie entre les différentes sous-stations et postes de redressement. (RATP)

  Vestiges dans la galerie inférieure avec les anciens supports isolants du 600 Volts. Le négatif était situé dans un caniveaux sous les isolateurs. (Auteur)

La courte galerie de câbles menant de la salle des machine à la ligne 1. (Auteur)

 

Louvre

Cette sous-station ouverte en décembre 1902 avait pour objet de fournir un supplément de force nécessaire afin de résoudre les chutes de tension sur la ligne. Il était également prévu qu’elle alimente la future ligne 7. En attendant la mise en fonctionnement de la sous-station Louvre, une sous-station provisoire dut être installée en 1901 sur le quai de la station des Champs Elysées. L’ouvrage de Louvre était aménagé sous la place Saint-Germain l’Auxerois au croisement de ces deux lignes. Cette sous-station était comme Étoile alimentée par l’usine de Bercy par le 5000 Volts arrivant du radier de la ligne 1. Cette nouvelle installation plus petite se composait d’une salle des machines de 13,9 m x 10,96 m et d’une galerie de câbles reliant la salle des machines à la ligne 1. Elle était dotée de puits de ventilation, indispensables au milieu souterrain. La salle des machines se composait de 6 transformateurs et de deux commutatrices. Ultérieurement les commutatrices seront remplacées par des redresseurs au mercure.

En l’absence d’informations et de clichés d’époque, les photos en N/B sont d’après-guerre.

La salle des machines en 1956, photo certainement prise lors du démantèlement de la sous station. (RATP)

Manutention lors du retrait d’un redresseur au mercure en 1956. (RATP)

 

Dans les années 1960, un monte charge fut installé. Le semi remorque Berliet était spécifique à la manutention des postes de redressement. (RATP)

   

Lors de la transformation de l’ouvrage Louvre en poste de redressement, le volume de l’ancienne sous-station est devenu un parking. L’isolement de la galerie qui fournissait l’énergie au réseau permit de la garder dans un état presque d’origine avec ses isolateurs et son éclairage d’un autre temps. (Auteur)

 

 

Les sous-stations de la ligne 3 et de la circulaire Nord.

L’exploitation des lignes circulaire Nord et 3 nécessitera l’installation de trois nouvelles sous-stations qui seront réalisées en surface. Les emplacements de ces ouvrages furent choisis et leurs puissances calculées de façon à ce qu’ils puissent assurer l’alimentation non seulement de la ligne qui motiva la construction de chacun d’eux, mais également celle des lignes de croisement futures. Ces nouvelles sous-stations seront toujours alimentées par l’usine de Bercy mais également par des usines comme celles des Moulineaux ou d’Asnières.

Plan schématique du fonctionnement d’une sous-station.

 

Père Lachaise

Cette sous-station mise en service en 1903 était construite sur un terrain situé au 79 Boulevard de Ménilmontant pour alimenter la ligne circulaire Nord. Elle se composait au rez-de-chaussée d’une salle des machines, de deux étages de batteries d’accumulateurs et d’un sous-sol avec la galerie de câbles pour l’alimentation de la ligne. Les étages étaient desservis par un monte charge. Le matériel électrique comportait sept groupes de transformation, un groupe survolteur avec transformateur, nécessaire à la charge des accumulateurs et les tableaux de commande. Les accumulateurs avaient pour rôle de régulariser le débit des groupes de transformation et d’assurer l’éclairage d’une partie de la ligne 3 et ultérieurement d’autres lignes, pendant les heures d’interruption et en cas d’arrêt accidentel de l’usine desservant la partie correspondante des lignes en question. La capacité de la batterie avait été fixée à 1800, 2000, 2500 ou 3000 Ampères en régime de décharge en une, deux, trois ou quatre heures. Elle sera transformée en 1929 pour être équipée avec du matériel alimenté en courant alternatif à 50 périodes.

La salle des machines avec les trois commutatrices de 1500 KW mises en place lors du passage à 50 périodes. (RATP)

La salle des accumulateurs (RATP)

La galerie de câbles descendant vers la ligne 3. (Auteur)

Vestige de l’arrivée du 10000 Volts depuis les usines tierces remplaçant le 5000 Volts de l’usine de Bercy. (Auteur)

Opéra

Cette sous-station inaugurée en 1904 est située au numéro 41 de la rue Caumartin. Elle comporte une salle des machines au rez-de-chaussée, un étage pour les accumulateurs, un sous-sol et plusieurs galeries. Elle a été conçue pour recevoir cinq groupes de transformation pouvant atteindre une puissance totale de 5000 KW en courant triphasé, de façon à alimenter la ligne 3 et également les lignes 7 et 8. Chaque groupe de transformation se composait de trois transformateurs monophasés de 250 KW chacun conçus pour une source primaire de 5000 Volts et un secondaire de 430 Volts pour 25 périodes. Il abritait aussi une commutatrice de 750 KW conçue pour délivrer 600 Volts continus. Enfin, il existait un groupe survolteur pour la charge des accumulateurs.

La belle façade du batiment d’opéra avec sa porte d’origine. Les ouvertures dans la porte servent pour la ventilation.

Cliché de la salle des machines après le passage à 50 périodes et aujourd’hui. Cette pièce était équipée de quatre commutatrices de 3000 KW. Ces commutatrices étaient les plus imposantes du métropolitain. Les sous-stations Bastille et République étaient équipées de modèles similaires. (RATP)

La salle des accumulateurs à l’étage. (RATP)

La galerie la plus ancienne de la sous station desservant la ligne 3. Ce cliché de 1960 montre le cheminement des câbles d’origine sur de simple isolateurs en porcelaines ronds fixés à la paroi de la galerie. Ce montage est spécifique aux premières Sous station. (RATP)

Vestige dans cette galerie d’un support de câble en porcelaine. (Auteur)

Barbès

Cette sous-station était établie sur un terrain situé au N°38 de la Rue Charbonnière pour desservir la ligne 2 Nord, puis la ligne 4. Construite pour recevoir cinq groupes de transformation de 750 KW chacun dont trois étaient destinés à la ligne 2 Nord. Les deux emplacements restants étaient réservés pour le complément d’installation qu’exigerait la ligne 4. Chacun des groupes de transformation se composait d’une commutatrice de 750 KW tournant à 300 tours minute sous 245 périodes et étaient bobinées pour 600 Volts du côté continu. Existaient également trois transformateurs monophasés de 270 KW qui fournissaient un potentiel du côté secondaire de 370 Volts. Enfin, les tableaux de commande pour l’ensemble de ces équipements.

  La sous station constituée de plusieurs bâtiments autour d’une cour. (RATP)

Cliché de 1962 de la salle des machines avec des commutatrices de 1500 KW. (RATP)

La petite salle des batteries. (RATP)

Le départ des galeries de câbles depuis le sous sol du batiment. (RATP)

Cette sous station a le mérite d’avoir des galeries assez atypiques avec une ambiance particulière de par son éclairage et la forme des galeries. Les anciens cheminements en ciment sont toujours en place. (Auteur)

 

La Motte Picquet

Cette sous-station ouverte en 1906 est située sur le boulevard de Grenelle au N°135 sur un terrain acquis par la CMP. Elle était disposée pour recevoir 5 groupes de transformation pouvant fournir une puissance totale de 5000 KW en primaire triphasé à 10000 Volts pour les lignes 2 sud et 8.  La sous-station était reliée à l’usine de la Société d’Électricité de Paris situé à Saint Denis par des câbles à 3 conducteurs pour le triphasé.

Le bâtiment est sur trois niveaux avec la salle des machines au rez-de-chaussée incluant un pont roulant, un étage pour les batteries d’accumulateurs et un sous-sol avec les galeries de départ des câbles de traction, d’éclairage et du réseau téléphonique des lignes.

Chaque groupe de transformation comprenait trois transformateurs monophasés de 250 KW chacun sous 10000 Volts en primaire et 600 Volts en secondaire. Une commutatrice et un groupe de démarrage pour la mise en marche. Ce groupe se composait d’un moteur triphasé sous 220 Volts accouplé à une dynamo fournissant un courant continu à 600 Volts.

  La salle des machines en 1962 avec quatre commutatrices de 1500 KW. (RATP)

Cette colonne Morris servait à l’aération de la galerie de câble. D’autres sous stations possédaient ce type de structure. (Auteur)

 

Liste des sous-stations de la CMP

Les sous-stations provisoires du métropolitain

L’usine de la compagnie de l’air comprimé, quai de Jemmapes en 1900

Quai des Champs Elysées en 1901

Lancry en 1905 (fermée en 1907)

Les Halles en 1908 (fermée en 1910)

Italie en 1909

Bourdon en 1910, remplacement de Bercy suite à l’inondation (fermée en 1912)

Nation, quai ligne 2 (premier essai avec les redresseurs de mercure)

 

Les sous stations définitives de la CMP et du Nord Sud en 600 Volts par date de mise en service (données de 1939)

 

Etoile en 1901 (6000 KW)

Bercy en 1901 (fermée en 1927)

Louvre en 1902 (5400 KW)

Père Lachaise en 1903 (4500 KW)

Barbès en 1903 (7500 KW)

 Opèra en 1904 (centrale d’alimentation et de secours) (12000 KW)

Motte-Picquet en 1905 (6000 KW)

Denfert en 1905 (4500 KW)

Façade réalisée par Paul Friesé en 1959 (RATP)

La salle des machines avec de la gauche vers la droite : la cabine haute tension, les transformateurs, les commutatrices et les tableaux de commande. 1959 (RATP).

La salle des machines avec une belle ossature métallique. 2018 (Auteur)

La chambre des sectionneurs à l’extrémité de la galerie de câbles, à l’époque encore équipée des anciens modèles de sectionneurs à couteaux. La porte étanche a été installée lors de l’aménagement de la ligne 4 pour la défense passive. 2010 (Auteur)

République en 1907 (12000 KW)

   Le joli batiment de la rue Rampon. 2018. (Auteur)

La façade en 1962 (RATP)

La salle des machines et ses imposantes commutatrices de 3000 KW. La nuée de câbles dans le fond de la pièce est la cabine haute tension. 1962 (RATP)

Comme dans toutes les sous-stations aujourd’hui rebaptisées « poste de redressement » (PR), le matériel a perdu son charme. Le pont transbordeur est celui d’origine. 2018 (Auteur)

Le système de ventilation d’origine sur le toit est constitué d’un mécanisme à volets à fonctionnement manuel par contrepoids qui permettait la ventilation de la salle des machines. 2018 (Auteur)

 Les galeries de nos jours avec la chambre des sectionneurs de la ligne 11 et les cheminements des câbles modernes du poste de redressement à la ligne. La disposition des positifs et des négatifs n’a pas changé. 2010 (Auteur)

Cité en 1910 (4500 KW)

 

Le batiment Paul Friesé et ses jolies verrières.

La salle des machines avec les transformateurs et les trois redresseurs au mercure. (RATP)

La galerie de câbles qui est en partie verticale le long du caisson métallique (Auteur)

Necker en 1910 (3000 KW)

Ancienne sous station Nord-Sud. Cette vue de la salle des machines entièrement reconstruire par la CMP permet d’observer les moyens mis en œuvre pour atténuer les bruits des machines tournantes par l’enfermement dans une cabine insonorisé des commutatrices. 1938 (RATP)

La galerie d’origine Nord-Sud est assez particulière de par sa chambre des sectionneurs située au-dessus des voies. Cet aménagement est certainement en lien avec l’alimentation spécifique du NS par caténaire. La galerie de câbles permet également d’observer les anciens cheminements des câbles à la voute pour l’alimentation de la caténaire. Les câbles d’alimentation du troisième rail se trouvaient comme à la CMP sur le côté de la galerie. (Auteur)

Tivoli en 1910 (fermée en 1936)

Il existe peu de documents ou de descriptions sur cette sous-station d’origine NS. Le seul témoignage physique est le départ de la galerie côté ligne qui est muré.

Villette en 1910 (6000 KW)

Le bâtiment d’origine en 1962 (RATP)

Le bâtiment aujourd’hui avec une façade totalement massacré et en bonus le rajout d’un étage. (auteur)

Une salle des machines classique avec le groupe survolteur au premier plan. 1962 (RATP)

La salle des accumulateurs à l’étage (RATP)

L’ancienne chambre des sectionneurs de la ligne 7 avant rénovation (Auteur)

Duhesme en 1912 (4500 KW)

Cette sous-station d’origine Nord-Sud avait à l’origine 4 commutatrices de 750 KW accouplées deux à deux sur les ponts + et – 600 Volts. Elle avait été renforcée en 1928 par deux redresseurs au mercure de 1500 KW.

Le bâtiment dans les années 1960 transformé en atelier. Le bâtiment à l’angle de la rue est son remplaçant : le PR Duhesme (RATP)

Assemblage d’une commutatrice en 1934 (RATP)

Les trois transformateurs pour une commutatrice avec les cellules de l’arrivée HT (RATP)

Les survolteurs « modernes » sur supports anti-vibrations (RATP)

La sous-station et sa salle des machines intégralement reconstruite en 1934 après le passage à 50 périodes.

Bastille en 1912 (10500 KW)

 Le style du bâtiment de Paul Friesé ressemble à celui de l’usine de Bercy (Auteur)

L’importante salle des machines avec les les tableaux de commandes, les cinq commutatrices dont deux à 3000 KW, le groupe survolteur, l’alignement des transformateurs et les disjoncteurs (RATP)

L’intérieur a perdu son cachet d’antan (Auteur)

Villiers en 1912 (6000 KW)

 

En raison du prix trop élevé des terrains alentours, cette sous-station sera construite en sous-sol à la jonction des lignes 2 et 3 à la station Villiers et au-dessus des voies de la ligne 3 partant vers la boucle. Elle se composait de deux pièces : une pièce pour la cabine haute tension et les disjoncteurs et une salle des machines. La salle des machines était équipée d’une ouverture pour la manutention des machines vers la lignes 3 sur des wagons plateaux à l’aide d’un pont.

Cette sous-station sera entièrement démantelée dans les années 1960 et l’espace abandonné. Le pont transbordeur est encore présent. La salle des machines sera amputée par la mise en place d’un ventilateur pour la ligne 3 (Auteur)

Auteuil en 1913 (6000 KW)

 La façade du bâtiment en 1962 (RATP)

Le batiment aujourd’hui, les arbres ont bien grandi. 2018 (Auteur)

La salle des machines avec les redresseurs et les tableaux de contrôle en 1962 (RATP)

La salle des accumulateurs en 1962 et aujourd’hui. Les batteries étaient acheminées par un monte charge (RATP)

Vaneau en 1923 (12000 KW)

Le bâtiment rue de l’Abbé Grégoire construit par Paul Marozeau, collaborateur de Friesé (RATP)

La salle des machines. Cette sous-station disposait des plus puissants redresseurs au mercure, pour une puissance totale de 12000 KW, autant que République ou Opéra (RATP)

Elle était également équipée d’une salle pour les accumulateurs (RATP)

Les longues galeries de câbles pour l’alimentation des lignes 4, 10 et 12 (Auteur)

 

Italie en 1930 (5880 KW)

L’ancienne façade en 1959. C’est la seconde sous-station « Italie ». (RATP)

La salle des machines « épurée » en 1932 (RATP)

Les anciennes galeries de câbles ont été réutilisées lors de la reconstruction du batiment. Seule la galerie menant à la ligne 6 a été abandonnée, la laissant dans son jus (Auteur)

Saint-Antoine en 1931 (8100 KW)

Le bâtiment se trouvait rue du faubourg St-Antoine. Les immeubles encadrant sont toujours présents (RATP)

 

Daumesnil en 1931 (l’atelier des sous-stations) (6000 KW)

L’imposant bâtiment, servant pour l’administration du service des sous-stations et d’atelier central pour l’entretien et les révisions des équipements (RATP)

La salle des machines en 1932. La plupart des équipements se trouvent désormais dans des espaces spécifiques ou dans des cellules (RATP)

 Les imposants transformateurs « modernes » dans des cellules. La manutention est assuré par des rails. 1932 (RATP)

Les différentes cellules des arrivées haute tension provenant des sous-stations et des usines électriques (RATP)

Les réserves d’eau distillée pour la régénération des batteries. L’eau est conditionnée dans de grandes bouteilles en verre avec une protection en osier (RATP)

La chambre des sectionneurs dans les années 1930 avec des couteaux en cuivre sur des supports en marbre (en verre sur le matériel primitif) pour le positif traction (RATP)

La même chambre des sectionneurs en 2012, toujours avec des couteaux à nu modernisés. Aujourd’hui ces équipements sont remplacés par des armoires fermées. Le petit tableau en marbre sur la droite servait à l’isolement de la ligne du trolley à la voute (Auteur)

 

L’atelier de révision de Daumesnil avec un induit de commutatrice en bobinage. La révision des redresseurs fait également partie du savoir faire de la compagnie (RATP)

 

Lamarck en 1933 (3000 KW)

 

Boulogne en 1934 (3000 KW)

Le pont de Sèvres en 1934 avec le prolongement de la ligne 9 dans un quartier très industriel (RATP)

Un disjoncteur moderne fonctionnant à l’air comprimé (RATP)

 

Vincennes en 1934 (4500 KW)

Le batiment transformé en partie en bureau à subi des modifications par la présence d’un étage supplémentaire. (auteur)

L’ancienne salle des machines dispose d’un beau volume et d’un pont transbordeurs « Jeumont » d’origine. (Auteur)

 

Lilas en 1935 (5100 KW)

Le batiment conçu par Paul Marozeau, rue Belleville. La structure porteuse est uniquement constituée de béton. Les encadrements en brique des baies vitrées sont juste décoratifs.

 

Laborde en 1936 (12000 KW)

Le batiment de 1936 existe toujours malgré une reconversion de ses étages en habitation. Comme toutes les sous-stations, le bâtiment arborait le nom de la compagnie, traduisant la fierté de l’entreprise pour ses infrastructures (RATP)

La Construction rue Laborde avec l’important soubassement de l’édifice (RATP)

Cette sous-station est un exemple de modernité pour la compagnie avec un bâtiment desservant le lieu stratégique de Saint-Lazare et ses 4 lignes. La salle des machines est réduite à un minimum et d’importants tableaux de commandes et pupitres. Les transformateurs, les disjoncteurs, la cabine haute tension, les survolteurs etc… sont répartis sur les différents niveaux du bâtiment et isolés dans des locaux ou des cellules (RATP)

L’importante salle des accumulateurs (RATP)

Les galeries de cette sous-station sont tortueuses, car elles épousent les contours de la station Saint-Lazare sur plusieurs niveaux. Les anciennes galeries ont laissé place à des cheminements de câbles modernes (Auteur).

Porte de Versailles en 1937 (9000 KW)

La salle de ventilation mécanisée (RATP)

Après Necker, les sous-stations construites à partir de 1937 seront insonorisées. Ces sous-stations seront construites sur le même modèle que Laborde avec des espaces plus vastes et des structures en béton sur plusieurs niveaux. En plus de desservir la ligne 12, une galerie de plusieurs centaines de mètres dessert le terminus de Balard ligne 8 (RATP)

Levallois en 1937 (1500 KW)

La salles des machines dans les années 1960 avec à gauche la pièce insonorisée pour les commutatrices et à droite les cellules HT et les disjoncteurs (RATP)

La ventilation mécanisée (RATP)

Les batteries « Tudor » (RATP)

Une galerie de câbles classique avec le positif traction sur les étagères, l’éclairage à la voute de la galerie et la torche négative au sol avec l’éclairage protégé dans le coffrage en béton (RATP)

Montreuil en 1937 (1500 KW)

Neuilly

  Le bâtiment créé à l’occasion du prolongement de la ligne 1 en 1937 (RATP)

Disjoncteur Jeumont à air comprimé en dépose (RATP)

Pantin

Rien trouvé !

Charenton

La sous-station en 1959, le bâtiment sera similaire à celui d’Ivry (RATP)

 

Ivry

Le bâtiment existe toujours (RATP)

 

Montsouris et Villaine en 1938 pour la ligne de Sceaux (1500 Volts)

Villaine, le bâtiment a été rasé en 2018 (RATP)

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Montsouris (RATP)

 

Liste des sous-station à redresseurs au mercure

 

Liste des sous-station à commutatrices

 

Liste des sous-stations avec accumulateurs

  • 2800 Ampères Heure (au régime de décharge de 4 heures) : Bastille, Étoile et Porte de Versailles.
  • 2400 A.H : Laborde.
  • 1050 A.H : République et Denfert.
  • 1000 A.H : Necker.
  • 900 A.H : Opéra.
  • 800 A.H : Auteuil, Barbès, Italie, Motte Picquet, Villette, Vaneau, Daumesnil et Lilas.
  • 690 A.H : Duhesme.
  • 600 A.H : Levallois, Montreuil et Vincennes.

 

La distribution électrique

La salle des machines d’Ivry en 1931.

 

Les Postes de Redressement

Les premiers poste de redressement arrivent après la guerre, l’évolution du matériel électrique fixe réduit considérablement la proportion des bâtiments et l’entretien. A titre d’exemple le PR Pleyel qui fait parti des premiers avec un joli logo de la nouvelle RATP. L’équipement est réduit à un transformateur, un redresseur et des disjoncteurs ultra rapide DUR.

Les PR en général, hormis les anciennes sous stations se compose de juste deux niveaux, le RDC avec les appareillages lourds comme les transformateurs, redresseurs et un niveau inférieur avec les départs de câbles et les disjoncteurs. (RATP et auteur)

Bâtiment similaire

Ce batiment au 36 rue Jacques Louvel Tessier a été réalisé par Paul Friése en 1908. Malgré sont architecture très similaire celui-ci n’appartenait pas au Métropolitain mais à la CPDE. (Auteur)

 

Les sous-stations du tramway

 

Sources

Le chemin de fer Métropolitain municipal de Paris. 1903 et 1908, Jules Hervieu.

Le génie civil N°1482 de Novembre 1910.

La distribution d’énergie électrique et les sous-stations du CMP. 1933 et 1942, Léon Eyrolles.

La conduite des sous stations du CMP. Mai 1939.

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